Ouest France

Un spectacle de skate et percussions à l’Antenne.
Sévérac – Xavier Kim est en résidence depuis le 16 juin à l’Antenne. Avec son complice Benjamin Colin, il répète un spectacle décoiffant de skateboard et de percussions. A découvrir samedi.
À découvrir lors de la fête de l’été à l’Antenne, samedi 28 juin.
Xavier Kim et Benjamin Colin présenteront en avant-première leur spectacle ; « presq », samedi soir, à l’Antenne.
Photo | ALEXA BRUNET
« J’ai fait beaucoup de résidences, mais ici, c’est super. Il y a beaucoup de place à l’intérieur comme à l’extérieur, et nous avons la possibilité de tout tester, en particulier le son. » Xavier Kim se réjouit d’avoir découvert ce lieu atypique qu’est l’Antenne, lieu d’habitat, d’activités, de création artistique et d’événements.
Xavier Kim vient de l’univers circassien, dans lequel il a évolué en tant qu’acrobate au sol, mais aussi sur des murs, des cloisons mobiles, des trampolines, « des agrès de cirque non identifiés ». Puis il s’est ouvert aux arts de la rue, à la danse et désormais au skate! Il a énormément pratiqué le skateboard durant le Covid, en Ardèche où il réside près d’un skatepark.
« Le vieux skateur passe souvent pour un ado attardé »
Ce presque quinquagénaire a eu l’idée d’écrire la grande et la petite histoire du skate, de la rue à l’olympisme, « une letre d’amour au skateboarding. »
« C’est un jouet, au départ, qui a pris une importance insoupçonnée. On se plait à éclairer à notre manière cette culture skate », dit l’artiste. J’essaie de partager l’enthousiasme qui habitent les mordus de la pratique. La liberté et la créativité du geste, parce que c’est une activité libre, où il n’y a pas d’entraîneur, ni de terrain réglementé, il y a des spots partout. Même s’il y a de plus en plus de skateparks, il y aura toujours des skateurs dans les rues. »
Evidemment, il y a les chutes – inévitables – mais les accros remontent toujours sur leur planche. « C’est comme la cigarette, c’est le fait de ne pas pouvoir arrêter, qui fait de toi un vrai fumeur! ». L’artiste montre ses genoux et ses coudes : « J’ai plein de croûtes, comme les gosses. Le vieux skateur passe souvent pour un ado attardé! » sourit-il, avant d’ajouter que « réussir en skate, c’est miraculeux. Tu ne fais que tomber. »
Équilibre fragile
Cet équilibre fragile, il l’exprime avec toutes les autres émotions procurées par cette pratique, ses codes, son jargon et les autres moyens d’expressions qui vont avec – musique, graphisme, architecture, mode – dans presq, ce spectacle concocté avec Benjamin Colin. Ce dernier est musicien, mais pas seulement, entre un solo de batterie et de « slide » guitare, il joue tous les personnages, de la grand-mère au riverain excédé par la nuisance sonore des skateurs.
« Ce sera notre dernier crash-test public », disent les artistes. Ensuite, ce sera la première, en juillet, au festival Chalon dans la Rue, à Chalon-sur Saône, en Saône-et-Loire.
Samedi 28 juin, fête de l’été, de l’Antenne, à partir de 18h. Déambulation dansée avec Empreintes, à 18h45 ; show en son et en skate, presq, à 20h45 ; DJ set avec DJ Hermione Offshore et DJ Gourney Halleck, 21h30. Prix libre. Restauration. Contact : lantenne.org
Le Journal de Saône et Loire
Publié le 19/07/2025


Journal de la rue
Samedi 19 juillet 2025
Ne peut être vendu séparément
C’est le JSL qui l’a vu
12 pages spéciales
Le supplément qui vous dit tout sur les spectacles.
Cie TKT
« L’art de la planche à patiner n’est pas un crime »
Presq, de la Cie TKT est au skateur de quarante piges, ce qu’une madeleine est à Proust: un véritable flash-back dans les années 80. Pour tous ceux qui ont passé de longues heures à zoner sur un parking à essayer de rentrer des tricks vus dans Trasher Magazine, ce spectacle est fait pour vous. Plein de tendresse et d’une étonnante justesse, ce spectacle nous fait revivre l’époque de nos premiers ollies et de nos plus belles vautres. « Le skate a tout à voir avec le ratage », prévient le comédien entre deux figures, plus ou moins réussies. Car le skate n’est pas qu’un sport et c’est ce qui le rend si singulier. Presq rend très bien cet esprit DIY, entre nonchalance et petite prouesse personnelle. Même si le spot n’est pas terrible, TKT vaut qu’on s’y attarde.
Edouard Roussel
Pastille 56, rue de l’Ancien Carmel. Samedi et dimanche à 17h30.
Légende de la photo:
Si vous vous êtes éclaté le coccyx en tentant un nosegrind alors ce spectacle est fait pour vous.
Photo: Edouard Roussel
video postée sur le facebook du JSL
La Montagne


Une journée avec Xavier Kim, artiste skateur avec plus d’une corde à son arc, au Festival de théâtre de rue d’Aurillac
On a passé une journée avec celles et ceux qui font le Festival du théâtre de rue : artistes, techniciens, équipe d’Éclat… La première journée s’est déroulée avec le circassien Xavier Kim de la compagnie TKT : un quinquagénaire qui a décidé de remettre sa pratique de la planche à roulettes au cœur de sa pratique artistique.
Xavier Kim est passé par la danse, le jonglage, les arts circassiens, et a repris le skate à 37 ans qu’il a à nouveau intégré à sa vie. Il raconte tout ça à travers « Presq », un spectacle monté récemment qu’il joue pour la première fois au festival de théâtre de rue d’Aurillac. © william duran
Article réservé aux abonnés
Par Adriano Tiniscopa
Publié le 21 août 2025 à 10h25
Le skate comme médoc.
Après avoir commencé dès le plus jeune âge, au collège, il a fini par retomber dans le skate, à l’âge de 37 ans. Il en a « 49 et demi » aujourd’hui. Peu importe, Xavier Kim, a même décidé d’en faire tout un spectacle, « Presq », avec deux amis, Benjamin Colin et Jérôme Boillet. Le premier est musicien et siestait, hier, dans la matinée, sous un immense sombrero rose. Le second, Jérôme, est technicien.
« On travaille sur ce spectacle depuis plus d’un an », explique Xavier, circassien et skateur. Le spectacle « presq », comme son nom l’indique n’est pas « achevé ». Il se complète au fur et à mesure des rencontres avec le public. « Ce sont les premières, et on découvre beaucoup de choses nous aussi! » dit-il en riant. Ce saltimbanque, comme il se définit lui-même, a l’oeil vif et les zygomatiques constamment sollicités. Surtout lorsqu’il invite les « roulistes » du public à participer à la « session skate » finale. Un joyeux fatras mouvant émulé par la musique électrisante de Benjamin, qui a fini par troquer son sombrero pour une casquette, rose, elle aussi.
Pour leur première représentation à Aurillac, hier, « un mec est arrivé en chaussettes pour skater, et il a sorti des manoeuvres incroyables » sourit Xavier. Les trois grands dadais de la compagnie TKT sont quinquagénaires et vivent de leur statut d’intermittent. Même si Xavier se demande « s’il va pouvoir faire ça encore longtemps », quand on l’interroge sur la dégradation actuelle des conditions de production et de diffusion. L’artiste dit aussi qu’il est un « miraculé de l’action culturelle ». Issu d’une filière sport-études, puis étudiant à la fac de philosophie à Paris, c’est d’abord le jonglage, puis la danse, qui l’ont raccroché au monde des arts. Le skate finalement est une acrobatie de plus. Qui se vit passionnément et se partage sans modération.
